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Une proposition ;
Je n’ai jamais réalisé qu’un seul paysage, mais il est toujours différent. C’est celui d’une absence. Elle serait ce désir d’identifier un territoire par une élasticité du regard qui ne parvient pas à se fixer et reste partagé sur un écart entre deux ou plusieurs niveaux de l’image et de l’objet.
La liberté d’aller du très lourd au léger, nous est redonnée ici par des captations photographiques poussées jusqu’à leur quasi-dissolution, affleurant comme un souffle sur un support flottant ou sur des volumes largement découpés. Quand, à l’horizontale, le sable semble se déposer massivement au sol, il nous ramène dans une configuration verticale vers un dessin s’appuyant tout au bas de l’image et suggérant la descente d’une cime imaginaire.
Du proche au lointain, on peut se promener dans ce qui est évoqué directement, autant que dans ce qui puise à une mémoire diverse et infinie de lieux et de choses; au creux d’un espace demeurant vaste et imprécis; une zone ouverte sans frontière.
Tout comme l’ombre et les nuages, le sable n’est fidèle à aucune forme immuable; sans substrat arrêté, sans contours fixes, allant d’une tache lumineuse à une masse instable ou obscure; d’une temporalité qui s’écoule vers un devenir jamais définitif, dans une suite infinie d’états éphémères qui sont au mieux suspendus par une saisie numérique.
Un élément toutefois va dominer dans cette proposition: il ne subsisterait à la fin que la mémoire de moments paisibles et calmes, semblables à un après de l’orage où survivent, dans les flaques, les images de ce qui ressemble à des « nuages mis en boîte », saisis de très loin mais traduits dans une fiction de promiscuité où ils se mutent en des objets préhensibles.
Jocelyne Alloucherie. Septembre 2026
L’artiste tient à remercier PhotoSynthèse et leur directrice Miryam Tremblay pour leur expertise dans la réalisation de ces œuvres qui semblent au premier abord toutes simples mais qui nécessitent un savoir-faire et une invention technique rares.
D’autres œuvres plus anciennes seront visibles à l’atelier de l’artiste pendant l’exposition, les vendredi et samedi entre 17 heures et 19 heures. Veuillez prendre rendez-vous : info@bellemarelambert.com


