Du côté de chez Proust 2

A Montréal en 1985 l’exposition-récital Du côté de chez Proust traçait une voie dont le souvenir reste pour plusieurs un enchantement; les « arts réunis » commentaient des textes de l’écrivain accompagnés de musiques de l’époque et de concordances visuelles historiques et contemporaines.  L’exposition ne durait que quelques semaines (du 16 janvier au 9 février) mais le récital et les textes furent repris un peu partout, y compris à Paris.

J’en étais le concepteur (avec l’ami Claude Duparfait pour les citations), le metteur en scène et l’interprète.

M’y revoilà, sans nos voix cette fois, mais avec les mots de Proust et de nouvelles œuvres venues à ma rencontre.

Dunoyer de Segonzac, Helleu, Fantin-Latour, Stéphane LaRue, Gerhard Richter, Angèle Verret, Henri Duparc, Claude Debussy et Mary Garden, Henri Laurens, Jacques Lipchitz, Ker-Xavier Roussel, etc.

À la recherche du temps perdu est une œuvre immense aux lectures infinies; j’ai tenté, à ma façon, d’en convoquer des traces.  Ces instants retrouvés, à l’aune de réminiscences et d’associations personnelles, effleurent des sujets chers à l’écrivain.

L’exposition s’y réfère à la lueur de citations. Une œuvre aussi incontournable nous suit et nous dépasse assurément; la mienne aura fait des « arrêts sur images » qui évoquent à la fois le temps passé de l’art et son inestimable présent pour la vie immédiate.
R.B. sept. 2021

L’aventure proustienne de la galerie ne date pas d’hier.

Dès 1983 Roger Bellemare soulignait par des récitals de chant un peu partout ses affinités avec l’auteur de la Recherche; ses réalisations comme artiste et commissaire d’expositions eurent tôt fait de s’emmêler à celles de sa galerie, associée depuis à la Galerie Christian Lambert.

En 1984 et en 1986, le Musée des Beaux-Arts de Montréal et la Galerie Treize avaient obtenu des succès considérables avec l’exposition-récital Du côté de chez Proust, repris à Paris.

Cette récente mouture mijote donc depuis longtemps sans jamais épuiser ses racines profondes.

Il s’agissait de nouveaux défis, évoquant le climat et l’entourage de Proust, des compositeurs et des musiques qui ont rythmé son parcours.

Notre exposition et son catalogue, s’ils soulignent le centième anniversaire de la mort de Proust, servent surtout d’aide-mémoire; celle de l`écrivain, ses mots, ses illustres contemporains (Colette, Lemaire, Bonnard, Roussel etc.), celle de notre temps (La Rue, Verret, Merrill) et sa pertinente fécondité.
C. Lambert